Peu de sujets SEO produisent autant de raccourcis que les attributs de lien. On entend qu’un lien nofollow « ne sert à rien », qu’un lien sponsored « fait perdre des positions », ou qu’il faudrait viser cent pour cent de dofollow. Ces affirmations sont toutes fausses, mais elles sont fausses de manière intéressante.
Reprenons depuis le début, parce que la mécanique a changé plusieurs fois en quinze ans et que beaucoup de conseils qui circulent datent d’avant ces changements.
Ce que fait réellement l’attribut
Le rel="nofollow" a été introduit en 2005 pour lutter contre le spam de commentaires. Il disait à Google : je ne me porte pas garant de ce lien. Pendant longtemps, cela signifiait une transmission de valeur strictement nulle.
En 2019, Google a modifié sa doctrine. Le nofollow, comme les attributs sponsored et ugc apparus au même moment, est passé du statut de directive à celui d’indication. Autrement dit, Google se réserve le droit d’en tenir compte ou de les ignorer selon le contexte. C’est un point que les acteurs qui vendent des liens éditoriaux, Solidlinks parmi d’autres, connaissent bien : la valeur d’un lien ne se lit plus dans son attribut, elle se lit dans son environnement.
Concrètement, un lien nofollow depuis un grand média peut aujourd’hui apporter davantage qu’un lien dofollow depuis une page sans aucune visibilité.
Pourquoi un profil cent pour cent dofollow est un mauvais signal
Regardez le profil de liens d’un site qui a grandi naturellement. Il reçoit des mentions depuis des forums, des commentaires, des profils sociaux, des agrégateurs, des sites de presse. Une part significative de ces liens porte un attribut nofollow, tout simplement parce que ces plateformes le posent par défaut.
Un site qui n’aurait que des liens dofollow, tous placés en plein milieu d’articles, raconte une histoire improbable : personne ne l’a jamais cité ailleurs que dans un contenu éditorial parfaitement optimisé. Cette homogénéité est en elle-même une anomalie.
La bonne pratique n’est donc pas d’éliminer le nofollow, mais d’arrêter de le traiter comme un déchet.
Le cas des liens sponsorisés
L’attribut sponsored sert à déclarer un lien obtenu contre rémunération. Sur le papier, la règle est simple : tout lien payé doit être marqué. Dans la pratique, la quasi-totalité du marché du lien éditorial ne le fait pas, et Google le sait parfaitement.
Ce qui protège un lien acheté, ce n’est pas l’absence d’attribut, c’est sa crédibilité éditoriale. Un article de fond, écrit correctement, publié sur un site qui publie régulièrement et qui reçoit des visiteurs, ne ressemble pas à une transaction. Un article de trois cents mots bourré d’ancres exactes sur un site fantôme, si.
Ce qu’il faut surveiller à la place
Plutôt que de vous focaliser sur l’attribut, vérifiez trois choses après chaque publication.
D’abord, que le lien existe bien dans le code source et pas seulement dans un script chargé après coup. Ensuite, qu’il ne passe pas par une redirection intermédiaire qui masque la destination. Enfin, que la page qui l’héberge est indexée, ce qui se vérifie en quelques secondes.
Un lien parfaitement dofollow sur une page que Google n’a jamais indexée ne vaut strictement rien, et c’est un cas beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine.
En résumé
Les attributs de lien sont devenus un critère secondaire. Un profil sain en contient plusieurs types, dans des proportions variées, parce que c’est ce que produit une visibilité réelle. Concentrez votre attention sur la qualité de la page émettrice et sur l’indexation, deux facteurs sur lesquels vous avez une prise directe.

